Les fondements du Judo

La pratique du judo nécessite un ensemble d'éléments essentiels et indissociables.

Le dojo.

C'est le lieu de la pratique. Espace d'étude et de travail, il isole des pratiquants de l'agitation extérieure pour favoriser la concentration et la vigilance, permet l'organisation de la séance de judo. Au-delà de sa simple existence physique, le dojo constitue aussi un lien mental et affectif qui unit les pratiquants.

Les règles de conduite.

Le judoka accepte les règles explicites du judo : la ponctualité, la propreté, l'écoute, le contrôle de ces actes et de ses paroles. Il s'efforce d'en respecter les règles implicites : l'engagement et la constance dans l'effort, l'existence personnelle.

La tenue.

Le judogi blanc du judoka est simple et résistant. Identique pour tous, il souligne l'égalité devant l'effort dans le processus permanent d'apprentissage.

Le professeur.

Il est garant du processus de progression dans lequel il est lui-même impliqué. Il guide l'apprentissage dans la maîtrise technique en s'appuyant sur les principes essentiels et les fondements du judo. Le professeur est un exemple.

Le partenaire.

Le judo se pratique de partenaires. Le judoka tient compte de l'autre et s'adapte à la diversité de chacun. Il respecte l'esprit des différents exercices.

Source FFJDA (Fédération Française de Judo, Jujitsu, kendo et Disciplines Associées)

les principes du Judo

Une Légende

3 principes essentiels et indissociables, retenus par Jigoro Kano, guident la pratique du judo.

Ju.
L'adaptation.

Le premier principe et celui de la souplesse, de la non-résistance, de l'adaptation. Il est si étroitement lié à la discipline qu'il lui donne son nom: faire du judo, c'est s'engager dans la voie (do/michi) de l'application du principe de l'adaptation (JU). Il invite à s'élever dans la pratique au-delà de la seule opposition des forces musculaires, pour parvenir à une véritable maîtrise des lois subtiles du mouvement, du rythme, de l'équilibre, des forces. Ju est une attitude.

Seiryoku Zenyo.
Le meilleur emploi de l'énergie.

Le second principe est la recherche du meilleur emploi possible des énergies physiques et mentales. Intégrant le premier principe et le dépassant, il invite à l'application de la solution la plus pertinente à tout problème : Agir juste, au bon moment, avec un parfait contrôle de l'énergie employée, utiliser la force et les intentions du partenaire contre lui-même... Seiryoku Zenyo est un idéal.

Jita Yuwa Kyoei.
Prospérité mutuelle par l'union des forces

Le troisième principe est l'entente harmonieuse, la prospérité mutuelle par l'union de sa propre force et de celle des autres. Découlant de l'application sincère des deux premiers principes, il suggère que la présence de partenaires et celle du groupe sont nécessaires et bénéfiques à la progression de chacun. En judo, les progrès individuels passent par l'entraide et les concessions mutuelles. Jita Yuwa Kyoei est une prise de conscience.

Le code moral du judo :

La politesse, le courage, la sincérité, le contrôle de soi, l'honneur, la modestie, le respect, l'amitié.

Les grades du judo.

Ceinture blanche Ceinture jaune Ceinture orange Ceinture verte Ceinture bleue Ceinture marron 1er à 5e Dan 6e a 8e Dan 9e et 10e Dan Source FFJDA (Fédération Française de Judo, Jujitsu, kendo et Disciplines Associées)

Les origines du Judo

Une Légende

L'histoire commence au VIe siècle de notre ère sur une île du Japon, un jour de neige, un vieux médecin japonais médite en se promenant dans la nature ; alors il observe les branches des arbres et s'aperçoit que les grosses branches se brisent sous le poids de la neige qui s'accumule dessus tandis que les branches plus fines, et par conséquent plus flexibles, se plient et se dégagent de cette neige pour se redresser aussitôt et reprendre leur forme originale.
Le vieil homme compris aussitôt tout les profits que l'on pouvait tirer de la non-résistance et de l'esquive. Ainsi fut créé le principe fondamental du JuJitsu ("technique de la souplesse").

Les Premières écoles

Au cours des siècles suivants, de nombreuses écoles se fondèrent où l'on pouvait y apprendre différents arts. Chaque école avait ses méthodes et ses prises secrètes jalousement gardées. La plupart consistaient dans l'art de frapper les points vitaux et les centres nerveux. Des rencontres avaient lieu mais se soldaient souvent par la mort de l'un parfois des deux combattants.
Ces différentes écoles, quoique diversifiées dans leur enseignement, n'en ont pas moins développé au plus haut point l'art de combattre sans arme un ennemi armé ou désarmé. Elles ont contribué à la découverte de beaucoup de règles fondamentales de l'actuel judo, notamment, l'importance de la subtilité des mouvements dans une action harmonieuse des muscles, le développement du courage et le développement des facultés intellectuelles.

Le JuJitsu

Cependant le jujitsu qui regroupe des formes de combat à mains nues ou utilisant des armes courtes comme le poignard se crée réellement pendant les guerres civiles du Moyen Âge. Pendant longtemps, la distinction entre lutte (sumo) et jujitsu ne fut pas très nette. Le jujitsu date de la fin de la première moitié de XVIe siècle. C'est vers le XVIIe siècle qu'apparaît une variante, le kumichi: lutte à mains nues en armure, d'une efficacité telle que le jujitsu fut intégré dans l'enseignement des guerriers.On crée des écoles, parmi lesquelles celle de Tenjin-Shinyo (début du XIXe siècle), dont le fondateur, Mataemon Iso, développe la technique des atémis (coups frappés sur les points vitaux). Les diverses techniques désignées par le terme jujitsu ont en commun l'emploi de la souplesse contre la force et la fidélité à un code moral, le bushido (voie du guerrier), qui suit les principes du bouddhisme zen (loyauté, énergie, abnégation, maîtrise de soi). Le jujitsu atteint son apogée au XVIIIe siècle, pour décliner au XIXe siècle avec l'apparition des armes à feu. Il sera remis à l'honneur en 1882, par Jigorô Kanô qui fonda sa propre école de Judo Kodokan "La raison pour laquelle j'ai adopté le nom de judo au lieu de Jujitsu est que ma méthode n'est pas seulement un art (jitsu) mais une doctrine (do)".

Maître Jigorô Kanô

Doué d'une vive intelligence, d'une rare énergie et d'une inlassable persévérance, maître JIGORO KANO s'attache alors à dégager les principes de base communs aux différentes écoles. Ne gardant que le meilleur, repoussant le dangereux, il dépouille le jiu-jitsu de tout mystère, et en fait le JUDO."Voie de la souplesse", tel que nous le connaissons et le pratiquons aujourd'hui. Dès 1885, le Kodokan, sous la direction de Jigorô Kanô, enseignait la méthode de judo qui nous a été transmise.
Pour prouver que la nouvelle école de judo était puissante, en 1886, un tournoi fut organisé par le chef de la police de Tokyo qui opposa le Kodokan à l'école de Jiu-Jitsu de Tokyo. Les principes du maître Kanô prouvèrent leur efficacité lorsque ses adeptes remportèrent treize combats sur quinze et annulèrent les deux autres. C'est alors que d'autres écoles de judo, comme le butokukai, vont se créer. L'ascension est irrésistible: le judo devient un sport scolaire obligatoire; en 1919, le kodokan est reconnu comme institution nationale. En 1934, Kanô organise le premier championnat national de judo. Parallèlement à sa carrière sportive, Kanô mène une brillante carrière universitaire.

L'ascension du judo

Son ambition est d'élever le judo au rang de sport international. Il assiste aux jeux Olympiques d'Anvers (1920), d'Amsterdam (1928), de Berlin (1936), et obtient l'attribution des 12e jeux Olympiques (1940) au Japon (mais la guerre s'opposera à leur déroulement). Kanô meurt en 1938. Le Japon compte alors près d'un million de judokas. A l'aube de la guerre de 1939-1945, reniant l'idéal de Kanô, les dirigeants militaires vont faire du judo un art belliqueux, mis au service d'un nationalisme étroit. Après la défaite du Japon, les arts martiaux sont interdits par les Américains, qui bientôt seront à l'origine du nouvel essor du judo, prodiguantà leurs troupes l'enseignement des maîtres du kodokan. Le judo s'étend à l'Europe, à l'Amérique, à l'Asie, à l'Océanie, à l'Afrique du Nord. En 1951, la Fédération internationale du judo est créée. Le premier championnat du monde a lieu à Tokyo en 1956. En 1964, le judo arrive aux jeux Olympiques de Tokyo pour les hommes mais il faudra attendre ceux de Barcelone en 1992 pour les femmes. Depuis lors, il arrive fréquemment que les champions ne soient pas des Japonais.
Actuellement, l'art martial japonais du judo est l'un des sports de combat les plus pratiqués dans le monde entier.