Les origines du Judo

Une Légende

L'histoire commence au VIe siècle de notre ère sur une île du Japon, un jour de neige, un vieux médecin japonais médite en se promenant dans la nature ; alors il observe les branches des arbres et s'aperçoit que les grosses branches se brisent sous le poids de la neige qui s'accumule dessus tandis que les branches plus fines, et par conséquent plus flexibles, se plient et se dégagent de cette neige pour se redresser aussitôt et reprendre leur forme originale.
Le vieil homme compris aussitôt tout les profits que l'on pouvait tirer de la non-résistance et de l'esquive. Ainsi fut créé le principe fondamental du JuJitsu ("technique de la souplesse").

Les Premières écoles

Au cours des siècles suivants, de nombreuses écoles se fondèrent où l'on pouvait y apprendre différents arts. Chaque école avait ses méthodes et ses prises secrètes jalousement gardées. La plupart consistaient dans l'art de frapper les points vitaux et les centres nerveux. Des rencontres avaient lieu mais se soldaient souvent par la mort de l'un parfois des deux combattants.
Ces différentes écoles, quoique diversifiées dans leur enseignement, n'en ont pas moins développé au plus haut point l'art de combattre sans arme un ennemi armé ou désarmé. Elles ont contribué à la découverte de beaucoup de règles fondamentales de l'actuel judo, notamment, l'importance de la subtilité des mouvements dans une action harmonieuse des muscles, le développement du courage et le développement des facultés intellectuelles.

Le JuJitsu

Cependant le jujitsu qui regroupe des formes de combat à mains nues ou utilisant des armes courtes comme le poignard se crée réellement pendant les guerres civiles du Moyen Âge. Pendant longtemps, la distinction entre lutte (sumo) et jujitsu ne fut pas très nette. Le jujitsu date de la fin de la première moitié de XVIe siècle. C'est vers le XVIIe siècle qu'apparaît une variante, le kumichi: lutte à mains nues en armure, d'une efficacité telle que le jujitsu fut intégré dans l'enseignement des guerriers.On crée des écoles, parmi lesquelles celle de Tenjin-Shinyo (début du XIXe siècle), dont le fondateur, Mataemon Iso, développe la technique des atémis (coups frappés sur les points vitaux). Les diverses techniques désignées par le terme jujitsu ont en commun l'emploi de la souplesse contre la force et la fidélité à un code moral, le bushido (voie du guerrier), qui suit les principes du bouddhisme zen (loyauté, énergie, abnégation, maîtrise de soi). Le jujitsu atteint son apogée au XVIIIe siècle, pour décliner au XIXe siècle avec l'apparition des armes à feu. Il sera remis à l'honneur en 1882, par Jigorô Kanô qui fonda sa propre école de Judo Kodokan "La raison pour laquelle j'ai adopté le nom de judo au lieu de Jujitsu est que ma méthode n'est pas seulement un art (jitsu) mais une doctrine (do)".

Maître Jigorô Kanô

Doué d'une vive intelligence, d'une rare énergie et d'une inlassable persévérance, maître JIGORO KANO s'attache alors à dégager les principes de base communs aux différentes écoles. Ne gardant que le meilleur, repoussant le dangereux, il dépouille le jiu-jitsu de tout mystère, et en fait le JUDO."Voie de la souplesse", tel que nous le connaissons et le pratiquons aujourd'hui. Dès 1885, le Kodokan, sous la direction de Jigorô Kanô, enseignait la méthode de judo qui nous a été transmise.
Pour prouver que la nouvelle école de judo était puissante, en 1886, un tournoi fut organisé par le chef de la police de Tokyo qui opposa le Kodokan à l'école de Jiu-Jitsu de Tokyo. Les principes du maître Kanô prouvèrent leur efficacité lorsque ses adeptes remportèrent treize combats sur quinze et annulèrent les deux autres. C'est alors que d'autres écoles de judo, comme le butokukai, vont se créer. L'ascension est irrésistible: le judo devient un sport scolaire obligatoire; en 1919, le kodokan est reconnu comme institution nationale. En 1934, Kanô organise le premier championnat national de judo. Parallèlement à sa carrière sportive, Kanô mène une brillante carrière universitaire.

L'ascension du judo

Son ambition est d'élever le judo au rang de sport international. Il assiste aux jeux Olympiques d'Anvers (1920), d'Amsterdam (1928), de Berlin (1936), et obtient l'attribution des 12e jeux Olympiques (1940) au Japon (mais la guerre s'opposera à leur déroulement). Kanô meurt en 1938. Le Japon compte alors près d'un million de judokas. A l'aube de la guerre de 1939-1945, reniant l'idéal de Kanô, les dirigeants militaires vont faire du judo un art belliqueux, mis au service d'un nationalisme étroit. Après la défaite du Japon, les arts martiaux sont interdits par les Américains, qui bientôt seront à l'origine du nouvel essor du judo, prodiguantà leurs troupes l'enseignement des maîtres du kodokan. Le judo s'étend à l'Europe, à l'Amérique, à l'Asie, à l'Océanie, à l'Afrique du Nord. En 1951, la Fédération internationale du judo est créée. Le premier championnat du monde a lieu à Tokyo en 1956. En 1964, le judo arrive aux jeux Olympiques de Tokyo pour les hommes mais il faudra attendre ceux de Barcelone en 1992 pour les femmes. Depuis lors, il arrive fréquemment que les champions ne soient pas des Japonais.
Actuellement, l'art martial japonais du judo est l'un des sports de combat les plus pratiqués dans le monde entier.